La Rockalienne marque les esprits… et les mollets!

A Lierneux, ce 14 mai, « la Rockalienne », proposait des chronos sur 45, 65, 80 et 110 km, l’une des plus longues distances de la saison. Cette distance à trois chiffres va demander une bonne gestion de l’effort. Et pourrait faire frémir celui que ne dépasse pas habituellement les 70 ou 80 km… A 9 heures, le départ est donné à Lierneux. Comment rouler pour arriver au bout d’une telle distance ? Pour éviter tout risque de crampe, je pars lentement, trop lentement… Je laisse devant moi partir le gros du peloton qui s’effile dans la longue côte sur route initiale. Dès les premiers kilomètres je découvre un parcours de choix, passant déjà vers la piste de ski du Monty. Dans les belles épingles, je retrouve la patte de Pierre Lamborelle et de son équipe. Un vrai amoureux du VTT qui a tracé dans la région de Lierneux, certes moins connue que Malmedy ou Houffalize, un circuit magnifique. Et la chance sourit aux marathoniens : le temps sec depuis quelques semaines offre un terrain sec, dépourvu de bourbier.

Aux longs chemins roulants succèdent des singletracks créés pour l’occasion. Comme je roule piano, la prise de risque est minime. Les marathoniens en profitent, cela nous détendrait presque que de se relâcher quelque peu. Je traverse un paysage étonnant, proche des landes, illuminés des genêts en fleurs : mais comment ont-ils pu trouver de si beaux sentiers ?

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Sans nous en apercevoir, nous voici à Regné, près de la Baraque de Fraiture, à plus de 600 m d’altitude. A la piste de ski, le premier ravitaillement permet de remplir gourdes et poches à eaux. La descente emprunte un ludique singletrack – peut être un futur Bike Park ! – et rejoint la grande forêt de Fraiture. Pour rejoindre Lierneux, l’itinéraire suit le Gehé jusqu’à n’en plus finir. Retour au point de départ où je passe – pas peu fier avec ma plaque noire des 110 km – en direction de mon voyage jusqu’au bout de mon endurance, cette fois vers Salmchâteau. Au fil des kilomètres, les balisages des plus courtes distances s’en retournent vers leur point de départ. J’ai l’impression que l’itinéraire se corse, se négocie plus difficilement. Les descentes sont plus engagées : celle vers les ruines du château de Salmchâteau mériterait une épreuve d’enduro… Toutes les heures, je pense à manger, à boire jusqu’à plus soif. L’organisme ne surchauffe pas et a trouvé son rythme, au diapason de mon VTT qui m’amène loin et tourne comme une horloge. Les ravitaillements, espacés de plus de 20 km, m’obligent à puiser dans les réserves de mon sac à dos. A la bifurcation des 65 km, je quitte les rares bikers et me trouve seul et roule vers Trou de Bra, dans un paysage digne des Vosges. J’effectue le tour de la petite montagne, vers Grand Hé avant de piquer sur la Lienne. Enfin, le retour est entamé. Il me faudra gravir la longue côte vers Hierlot où je longe la Réserve Naturelle de la Lienne, où castor, le bosseur, a modifié tout son cours. Espérant en terminer, las, l’itinéraire remonte vers le nord, vers Floret puis Jevigné. Galvanisé par le décompte des kilomètres, je rejoins Lierneux, heureux d’avoir bouclé un « ultra » marathon. En guise d’au revoir, deux bières de la brasserie de La Lienne me seront offertes : rarement un nectar fut aussi apprécié… P.P.